CATALAN (Ignacio). - Les Trois vies de Claus Sluter.

Publié le par Bibliothèque municipale de Tonnerre (89)

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Ignacio CATALAN.- Les trois vies de Claus Sluter.

- Editions de l’Armançon.-2009.

 

Il y a quelques années, Ignacio Catalan nous avait régalé de deux romans sur la sculpture médiévale bourguignonne « le Chant des pierres » et « les Chemins de pierre ». Avec ce dernier livre, il continue son périple dans le monde de la sculpture avec celui qui est, dans la Bourgogne de la pré-Rénaissance, son créateur le plus emblématique et le plus génial, Clauss Sluter.

 

En cette fin du quatorzième siècle, le Duché de Bourgogne est, sous Philippe le Hardi, un formidable creuset artistique que les ambitions et prodigalités du duc vont sans cesse enrichir. Les meilleurs artistes convergent, de toute l’Europe, vers Dijon.

 

A Bruges, Claes, tailleur de pierre et Jan, coloriste d’images de pierre, sont apprentis chez Maître Guillaume et ils leur tardent de pouvoir exercer leur art en toute liberté : « Claes veut faire entrer la vie dans le marbre et Jan vibrer la lumière dans la peinture. » Mais en 1382, la guerre brise leurs destinées et les éloigne à jamais l’un de l’autre. Jan y perd la vie et Claes, le cœur déchiré, devant le cadavre de son ami, par la révélation du véritable sentiment qui l’unit à lui, ne vivra plus désormais que pour son art « seul exutoire aux ténèbres insondables de son âme ». Et c’est à Dijon qu’en 1385, après diverses pérégrinations, Claes, devenu Claus Sluter, exercera son art au service du duc, en intégrant l’atelier de Jean de Marville, son tailleur d’images. Grâce à un labeur acharné, envers et contre tous les obstacles, il impose son style vivant et dynamique face au conformisme figé du maître, Jean de Marville, mettant toute son énergie créatrice à faire jaillir de la pierre les sentiments humains.

 

« Cette torture, il la connaît, il l’aime. C’est celle de la création, celle qui lui offre d’aller chercher au tréfonds ces images, ces formes que personne avant lui ne fit naître. Il  faut cette souffrance pour que paraissent la beauté et l’inédit et aussi la joie. La joie inégalable de créer qui seule légitime la douleur qu’est vivre. »

 

Cet univers romanesque porté par une écriture toujours plus élaborée et sensible nous amène à ressentir toute la genèse humaine et historique de l’art, la profonde complicité de l’artiste transfigurant par la matière « sa charge d’humanité et de tendresse. »


 

 

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Yannick 10/02/2010 13:08


Merci pour ces informations. J'ai découvert Le Chant des Pierres et j'en garde un excellent souvenir de lecture. Le parcours initiatique du
jeune convers Gautier est à suivre, ainsi que les réflexions sur la création artistique. Qu'est donc devenu le jeune convers ? Un roman qui se termine sur une visite au musée de Cluny... et sur le
mystère du destin de Gautier.